L’histoire de la chefferie des Bayeke est riche et complexe, enracinée dans la dynastie fondée par le Mwami M’siri, de son vrai Nom, NGELENGWA SHITAMBI MUKALA, un personnage charismatique originaire de Tabora, dans l’Unyamwezi, aujourd’hui en Tanzanie. Au XIXe siècle, M’siri s’est aventuré dans la région du Katanga à la recherche d’ivoire et de cuivre, des ressources précieuses qui alimentaient le commerce de l’époque. Sa bravoure, son habileté en tant que chasseur et guerrier redoutable lui ont valu la reconnaissance des rois autochtones, qui ont souvent fait appel à lui pour assurer leur sécurité face à divers conflits. En guise de gratitude pour ses services, M’siri a reçu des terres et des femmes, lui permettant ainsi de fonder un empire où il est devenu roi.
La situation a pris un tournant tragique le 19 et le 20 décembre 1891, lorsque le capitaine Bodson, envoyé par le roi Léopold II de Belgique, a tenté de contraindre M’siri à capituler. Refusant de se soumettre, M’siri a été assassiné, marquant un tournant décisif dans l’histoire de la région. Sa mort a ouvert la voie à l’établissement de l’État Indépendant du Congo (EIC), un régime colonial qui a profondément affecté les structures politiques et sociales locales.
Après la mort de M’siri, la région a été intégrée à l’administration publique de la République Démocratique du Congo (RDC). Malgré la colonisation, la succession des rois a continué selon la Coutume Yeke, respectant les lignées descendant du Mwami M’siri. Au fil des décennies, plusieurs rois et chefs de chefferie se sont succédé, chacun apportant sa vision et son leadership à la communauté.
Aujourd’hui, la chefferie des Bayeke est dirigée par Sa Majesté Mwami Mwenda Bantu Musuka Kaneranera Munongo Godefroid Junior, qui règne depuis le 4 juillet 1998. Sous son règne, la chefferie continue de jouer un rôle important dans la préservation des traditions culturelles et dans le dialogue avec les structures administratives modernes de la RDC.
Cet aperçu historique met en lumière non seulement la bravoure et les contributions de M’siri à la région, mais aussi la résilience de la chefferie des Bayeke face aux défis d’une époque en constante évolution. La continuité de la lignée royale témoigne de l’importance des valeurs traditionnelles et du lien profond entre le passé et le présent de cette communauté.
